De l’intérêt de huit jours de grève

isabelle saleck, le 17 novembre 2017

La FSDL a toujours encouragé les mobilisations de la profession et appellera sans doute les praticiens à se mobiliser à nouveau. Depuis l’échec des dernières négociations, en 2016, la FSDL a été à l’initiative de plusieurs journées d’action et a également soutenu très clairement les initiatives des CCDeLis afin d’empêcher la mise en place du Règlement Arbitral (RA). Ces mobilisations ont permis de prendre conscience que notre profession peut obtenir des résultats lorsque nous agissons.

Alors que les négociations sont toujours en cours et qu’aucune proposition chiffrée de l’UNCAM n’a été annoncée, appeler les praticiens à fermer leurs cabinets une semaine complète (pas une journée ou deux non directement huit jours)  n’est ni pertinent, ni efficace.

D’abord, le choix des dates retenues (du 27 novembre au 2 décembre) ne nous paraît pas judicieux. La FSDL a déjà évoqué sa position  concernant de telles actions (Cohérence). Quel danger si important pousse les consoeurs et les confrères des autres syndicats à demander cette longue fermeture ? Quels intérêts sont en jeu pour que cette semaine en particulier ait été choisie ? Quel impact aura une grève en plein Congrès de l’ADF, période pendant laquelle beaucoup de dentistes ferment de toute façon leur cabinet ?

Que ferons-nous si, comme nous  le pensons, les négociations aboutissent à des honoraires plafonnés sur la majeure partie de nos actes et un panier de soins qui placera chacun de nos patients  sous une “CMU pour tous” ? Quelle place restera-t-il pour un exercice moderne de la chirurgie-dentaire ? Comment concilier prévention et qualité dans notre pratique si la majorité de nos soins sont encadrés ? Devrons-nous encore ne compter que sur la prothèse pour atteindre l’équilibre budgétaire dans les petites entreprises que sont nos cabinets… Ou sur le NPC (Non Pris en Charge), en attendant le prochain encadrement de tarifs ? Quelle marge de négociation pour les syndicats si “un RA light” devient la norme ?

C’est à l’heure du choix et du positionnement de chacun, vis-à-vis du résultat des négociations, à la fin du premier trimestre 2018, qu’il faudra nous tenir prêts à la mobilisation. C’est au moment où tous les moyens “diplomatiques” auront été épuisés qu’il conviendra d’envisager le “bras de fer””. Quel pied de nez que ce soit la FSDL, justement, qui prône le respect des négociations à l’heure où la Présidente d’un autre syndicat nous accuse d’extrémisme en se faisant passer pour “l’apaiseur public” !

Respecter les négociations ne veut pas dire que nous baissions les bras : soyons prêts à agir et vigilants pour que soient préservées notre liberté et celle de nos patients !

Dr Jildaz Le Courant
FSDL Bretagne

 


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