Une rentrée sous le signe des promesses

Le mois de septembre vient de se terminer avec son lot de promesses, bénéfiques ou non pour notre profession.

Tout d’abord je voudrais remercier personnellement la totalité des administrateurs de notre syndicat pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me reconduisant ,le 22 septembre, pour une année supplémentaire à la tête de la FSDL. Je suis extrêmement touché, en ces temps difficiles  pour notre exercice libéral, de me retrouver à nouveau à la présidence d’un groupe constitué de cadres expérimentés et déterminés.

Nous allons avoir besoin de ténacité pour déjouer les pièges tendus par nos hommes politiques en cette rentrée agitée.

Revenons sur l’actualité en essayant de décrypter le discours de notre Président de la République sur la stratégie nationale de transformation de notre système de santé. Que peut on retenir de ces 2 heures de présentation mettant en avant la prévention et un changement de paradigme  au cœur de notre système de santé ?

  • La fin du Numerus Clausus pour répondre aux besoins en professionnels de santé et mettre fin au concours PACES de première année considéré à tort ou à raison comme inhumain, laissant sur le carreau des milliers d’étudiants. Au delà de l’effet d’annonce  démagogique qui consiste à dire que tous les étudiants doivent pouvoir accéder à un métier de la santé , il ne faut pas se leurrer, la sélection pour être médecin ou chirurgien-dentiste se fera d’une manière ou d’une autre. On ne peut pas accéder à de hautes études médicales sans un minimum de compétences, c’est un fait. Promettre une « licence santé » au terme de 3 années est intéressant  mais que vont devenir tous ces étudiants une fois leur licence en poche ? Des sous médecins, des sous dentistes, des sous infirmières ou pire, des hygiénistes sans aucun contrôle créant une concurrence déloyale vis à vis de nos assistantes dentaires dont la qualification à un second niveau est en cours d’élaboration dans les instances paritaires.Comment  peut on imaginer raisonnablement que les capacités d’accueil des universités puissent doubler ou tripler alors que des difficultés récurrentes en moyens financiers  existent depuis des décennies ? Nous serons très vigilants sur cette réforme du concours PACES car après son contournement via les diplômes délivrés en Espagne, Portugal ou Roumanie, il serait suicidaire en terme de santé publique de délivrer des milliers de diplômes de chirurgiens dentistes au rabais.
  • La médecine bucco-dentaire reste encore  la grande oubliée de ce long discours, car pas une seule fois, en dehors du fameux RAC zéro, le Président n’a abordé le sujet, ce qui en dit long sur sa considération vis à vis de notre profession. La convention ayant été signée sous la menace d’une réglementation totale de nos honoraires par l’État  l’affaire semble pliée pour longtemps.Et dire qu’il y a quelques années, certains se gargarisaient d’être passé en CCAM ce qui devait nous faire entrer “de plain-pied  dans le monde médical”. À priori le message n’est pas encore bien passé auprès de nos politiques et il semblerait que la seule chose qui les intéresse, pour notre profession,  soit la mise en place d’une CMU + pour tous les français après avoir fusionné l’ACS avec la CMU.

L’actualité peut également nous amener son lot de bonnes nouvelles.
La mise en examen et l’incarcération en détention provisoire du grand boss de Dentexia, Pascal Steichen,  en font partie. Il faut dire que les chefs d’inculpation, nombreux et variés, méritent une sanction exemplaire. Il ne peut y avoir d’impunité pour ces businessmen qui font de la santé publique un tiroir caisse en escroquant et en mutilant des milliers de français.

Le Conseil National de l’Ordre vient d’élire un nouveau Président le Docteur Serge Fournier.  Nous sommes très satisfaits d’avoir pu échanger avec lui et sa nouvelle équipe sur les différents thèmes d’actualité. Nous avons pu constater  que nos points de vues se rejoignent sur les rôles de l’Ordre National et des syndicats vis à vis des diplômes étrangers ou illégaux comme ceux du Clesi/ Pessoa, les centres dentaires low cost,  la réforme des études ou la qualification en niveau 2 de nos assistantes dentaires.
Il semblerait que l’Ordre National  ne se contente plus d’être une chambre d’enregistrement de mesures dictées par le gouvernement mais veuille devenir, à juste titre, un acteur incontournable qui défend la santé publique et protège nos concitoyens des dérives actuelles et à venir. Chacun dans son rôle, nous pensons que l’Ordre National mais également les élus ordinaux sur le terrain et la FSDL ont les moyens de remplir leurs  missions au mieux et de permettre à chaque praticien de travailler sereinement et librement en faisant respecter les valeurs fondamentales de notre Code de déontologie.

Enfin pour terminer, sachez que toutes nos équipes travaillent sans relâche  pour vous préparer à cette nouvelle convention en organisant des soirées de présentation d’ici avril 2019. Le rôle de notre syndicat est, bien entendu, de négocier au mieux un cadre d’exercice serein mais, quand nous sommes trahis par des syndicats minoritaires, cela ne nous empêche pas de  continuer de défendre l’exercice libéral et d’accompagner nos consœurs et confrères lors de ces changements majeurs.

Rassurés par les multiples messages de soutien et les nombreuses adhésions que nous recevons chaque jour mon équipe et moi même ne baisserons  pas les bras et serons à vos côtés dans les mois qui viennent.

Plus que jamais Liberté, Responsabilité et Éthique sont les maîtres mots de cette rentrée pour la FSDL !

Patrick SOLERA
Président de la FSDL

 





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