Un FAMI de plus

La période du FAMI est lancée et voilà encore une idée dévoyée. Ce forfait d’aide à la modernisation et à l’informatisation des cabinets est bien loin de ses objectifs.

Comme un grand nombre d’idées dans notre profession, le but de certains dispositifs a été détourné de son objectif initial. La première convention avait pour but, en sous-estimant la valeur des actes, de favoriser l’accès aux soins certes, avec  en contrepartie, la diminution des charges professionnelles. Entre-temps, la CSG a été rajoutée, les cotisations ont augmenté et un merveilleux taux URSSAF a couronné le tout, sans augmentation décente des lettres clés.

Sans parler de cet obscur relevé SNIR et ses étoiles dont l’interprétation est à l’inverse de la notation hôtelière : plus vous en avez, plus vous êtes un paria. Un pseudo indicateur qui ne reflète rien d’autre qu’une méfiance vis-à-vis du soignant, faisant fi des spécificités de tous et des spécialisations de chacun.

Mais revenons à ce fameux FAMI, à ce forfait de 490 € à 1240 € qui concrètement est devenu un certificat de bonne conduite administrative. En effet, à quoi correspond cette somme face aux hotlines annuelles de 1500 €, aux ordinateurs de 2000 € et j’en passe. Derrière cet acronyme, les CPAM cherchent à savoir si votre logiciel est compatible, si vous avez mis vos heures d’ouvertures ou mieux encore si vous avez une boîte mail que vous n’utiliserez jamais.

L’Etat finance Doctolib (1) qui est une passoire de données médicales (2) et on donne l’aumône à la profession qui, elle, connaît la valeur du secret médical et le préserve sans cesse malgré les coups de boutoir des mutuelles.

Tout ceci porte un nom chez les anglo-saxons : la « tick-box culture », c’est-à-dire cocher des cases sur des tableurs pour dire que la politique menée est bonne mais uniquement par considération administrative et comptable et sans aucune connaissance ni concordance avec la réalité.

Toutes ces blouses grises administratives ou politiciennes doivent laisser les libéraux travailler. Les professions libérales françaises sont les deuxièmes plus travailleuses d’Europe (3) alors pourquoi mettre nos horaires d’ouvertures ?

Tous ces gratte-papiers aux idées noires sur les professions médicales doivent apprendre à nous faire confiance et soutenir un pilier économique et sanitaire de la France. Arrêtez d’imposer ou de dévoyer de fausses bonnes idées.

La base de la vie est la réciprocité : faites appel à des professionnels, faites appel à la FSDL.


(1) Doctolib, une licorne qui en sait beaucoup (trop ?) sur votre santé

(2) Doctolib ne chiffre pas intégralement les données concernant ses utilisateurs, selon Radio France -Le Monde

(3) En France, 10,2% des travailleurs exercent 49 heures ou plus par semaine – le Dauphiné Libéré