Copie à revoir

 

Le 16 février dernier dans le cadre des négociations conventionnelles, l’UNCAM a enfin dévoilé son jeu, largement inspiré du règlement arbitral.
Nous sommes étonnés que cela ait pris autant de temps à croire que faire pire que les propositions de l’Avenant 4 ou du RA demandait beaucoup de réflexion.

Certains d’entre nous pensaient, et ce malgré nos mises en garde, que les revalorisations sur les soins conservateurs seraient à la hauteur de leurs attentes, ce fut la douche froide, pour ne pas dire glaciale.

Le solde final entre revalorisations des soins et plafonds prothétiques est négatif.

Ce ne sont pas les quelques dizaines d’euros parsemés ici et là sur des actes sinistrés depuis 30 ans qui vont améliorer nos pratiques et nous diriger vers une dentisterie moderne, moins mutilante, respectueuse de l’organe dentaire et basée sur le principe fondamental du gradient thérapeutique. En effet, clamer haut et fort dans tous les journaux télévisés que les chirurgiens dentistes ont obtenu des centaines de millions d’euros sur la prévention et les soins conservateurs en contrepartie d’un effort financier sur les actes prothétiques ne changera rien aux pratiques existantes.

En résumé:

  • 87% de nos actes prothétiques sont plafonnés à des niveaux inacceptables et humiliants pour des professionnels de santé dont le plateau technique ne cesse de se perfectionner.
  • La prévention sort du champ conventionnel avec une expérimentation à mettre en place en concertation avec le Ministère de la Santé, autant dire que l’on se débarrasse d’un sujet pourtant essentiel, pour ne garder que quelques « mesurettes » ridicules sur les patients diabétiques.
  • Les soins conservateurs, qui nécessitent d’après les calculs effectués avec les membres de l’UNCAM et de l’UNOCAM lors de séances techniques conventionnelles, au minimum un doublement voir un triplement de leurs valeurs, se voient revalorisés de 10% à 30%. Ainsi,à la grande satisfaction de l’ensemble des chirurgiens dentistes, l’extraction d’une dent de lait passe à 25 euros, quelle aubaine !

Alors que dire des syndicats qui se gargarisent d’un texte qui va entraîner la mutilation de centaines de milliers de dents avec des couronnes céramiques « Macron », gratuites pour tous les français ?

Il est vrai que l’efficience, terme qui leur est cher, sera maximale avec un rapport qualité/prix du soin qui n’aura pas son égal dans le monde entier au grand plaisir des financiers qui n’en demandaient pas tant.
Pas besoin d’affirmer haut et fort que l’objectif est de tirer la dentisterie française vers l’excellence quand on propose, sans même y avoir été invité, un plafond de l’inlay/onlay en dessous des 370 euros annoncés par la CNAM.

La santé bucco-dentaire de nos patients mérite mieux que ces propositions irréalistes et calculs d’apothicaire pour connaître le nombre de chirurgiens dentistes « gagnants ». De toute façon, nos patient seront les grands perdants de cette dentisterie d’un autre temps.
Un tiers d’entre nous, ne nous leurrons pas, sera amené à n’avoir comme autre choix que de fermer le cabinet ou se transformer en cabinet « low cost ».

Car ces négociateurs avertis oublient volontiers de vous détailler les clauses de revoyure.
La CNAM ne manquera pas de rappeler tout le monde à l’ordre quand le volume des actes prothétiques compris dans le panier RAC zéro aura explosé.
Un an seulement pour goûter aux joies des pratiques type « Dentexia », c’est bien court, mais nous pensons que cela sera suffisant pour juger de l’ampleur du désastre .

Alors que faut-il faire pour empêcher la dentisterie libérale de disparaître ?
Continuer à marteler dans la tête de nos chers politiques que leurs solutions ne sont pas adaptées à une dentisterie de qualité, moderne et innovante.
Que l’objectif « zéro carie » mérite un plan de prévention digne de ce nom et doit rester la priorité absolue.
Informer le plus grand nombre des menaces qui nous guettent.
Mobiliser tous les chirurgiens dentistes de France en vue d’actions fortes de contestation.

Ne jamais Capituler et rester fier de défendre l’exercice libéral de qualité en s’appuyant sur nos valeurs et nos convictions.

Patrick SOLERA

Président de la FSDL





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