Certification périodique : on avance dans le brouillard
Isabelle Saleck, le 19 janvier 2026

Le 30 décembre dernier, la ministre de la santé, Mme Stéphanie Rist, s’est targuée, dans son communiqué de presse « de la publication d’un nouveau décret concernant la certification périodique des professionnels de santé pour l’amélioration des soins ».
En effet, deux décrets ont été dévoilés le 27 décembre dernier qui encadrent le contrôle et le suivi de la certification périodique des professionnels soumis à cette obligation.
Mais le gouvernement avance à grands pas en sautant les étapes essentielles. Avant de mettre en place le contrôle et le suivi, n’aurait-il pas été plus judicieux de travailler sur les points essentiels suivants :
- Qui va former ?
- Quels sont les référentiels ? Le CNP (Conseil National Professionnel*) des chirurgiens-dentistes a édité depuis plus d’un an des référentiels qui sont toujours en attente de validation…
- Quelle réelle date de mise en place ? Sachant que la certification a “officiellement” débutée depuis 2023 !
On nous annonce également la création d’un téléservice « Ma Certif’Pro Santé », dont la finalité est de mettre à disposition des professionnels de santé des comptes individuels retraçant les actions qu’ils ont réalisées au titre de leur obligation de certification périodique. Plateforme qui pour l’instant n’existe pas….
Le tout après avoir décrié le DPC et annoncé que 2026 serait sa dernière année (en tout cas dans la formule actuelle) !
Pour rappel, la certification périodique des professionnels de santé, leur impose d’effectuer des actions par cycles de six ans (neuf pour la période initiale) sous peine de sanction disciplinaire, visant à :
- Actualiser leurs connaissances et leurs compétences.
- Renforcer la qualité de leurs pratiques professionnelles.
- Améliorer la relation avec leurs patients.
- Mieux prendre en compte leur santé personnelle.
Ainsi chaque professionnel devra attester avoir réalisé au moins deux actions figurant dans le ou les référentiels de certification de sa profession, dans chacun des quatre axes listés ci-dessus.
Le contrôle et le suivi sera assuré par les instances ordinales territorialement compétentes, à savoir les conseils départementaux. Encore une charge supplémentaire attribuée à des conseillers ordinaux déjà surchargés, de moins en moins nombreux, et parfois livrés à eux-mêmes, sans oublier qu’une majorité d’entre eux sont en exercice !
Nous vous présentons cependant, ici, une synthèse de ces deux décrets.
* Conseil National Professionnel : instance qui regroupe l’ensemble de la profession, incluant les syndicats représentatifs et les sociétés savantes. Le CNP rassemble toutes les sensibilités de la profession.

