« Générations sans carie » fête ses 1 an…sans enthousiasme !
Isabelle Saleck, le 28 avril 2026

Mis en place en avril 2025, le dispositif de prévention dentaire « Générations sans carie » a un an.
Selon l’Assurance maladie, 2,1 millions de nouveaux EBD (examens bucco‑dentaires) ont été réalisés entre avril 2025 et février 2026. Le nombre d’actes réalisés s’avère bien supérieur aux résultats avant réforme, et les données les plus récentes montrent en outre une accélération sur début 2026.
56 % des bénéficiaires de ces nouveaux EBD feraient ainsi partie des nouvelles classes d’âge intégrées dans le périmètre de la réforme. Par ailleurs, 81 % des bénéficiaires de ces examens préventifs n’avaient pas de soins dentaires dans les mois précédant cette consultation.
Cet enthousiasme est toutefois à nuancer.
Le passage d’un examen tous les trois ans à un examen tous les ans devrait théoriquement, à taux de recours inchangé, tripler le nombre de jeunes patients recourant à ces soins, ce qui ne semble pas être le cas à ce stade.
Alors que l’Assurance maladie ne communique aucune donnée affinée par classe d’âge, nous devons nous inquiéter du taux de recours aux soins préventifs des jeunes adultes (18‑20 ans).
En effet, sur ces populations particulièrement exposées et sensibles à la question du coût des soins, le taux de recours est historiquement bas.
En outre, la dynamique de cette réforme pourrait s’enrayer très rapidement en raison des modalités de financement qui ont été imposées.
Ce dispositif associe étroitement les deux financeurs que sont l’AMO (assurance maladie obligatoire) et l’AMC (assurance maladie complémentaire).
Tout d’abord, nous persistons à contester la légitimité du contrat avec l’association inter‑AMC, qui conditionne la possibilité de recourir aux services mis en place pour garantir ce tiers payant intégral.
Ensuite, de nombreux dysfonctionnements sont apparus et nous regrettons que l’AMC tente de les minimiser (cartes de tiers payant illisibles pour les lecteurs, absence de retour des mutuelles en cas de signalement…). Alors même que le nombre de réclamations des praticiens est à un niveau anormalement élevé.
Des situations qui aboutissent à des retards voire à des refus de paiements et qui obligent les praticiens à perdre trop de temps à tenter de régler des problèmes administratifs et techniques qui traduisent finalement une impréparation de l’AMC.
La Fédération des syndicats dentaires libéraux a alerté les partenaires conventionnels sur la persistance de ces difficultés.
Aujourd’hui, sans amélioration rapide, toutes les conditions sont réunies pour que les chirurgiens-dentistes se détournent du dispositif « générations sans caries ».
Nous appelons l’AMO et l’AMC à entendre les difficultés des professionnels et à agir rapidement sur le plan technique et administratif pour garantir la réussite de ce dispositif innovant de recours à des soins préventifs.

