
Le vent de l’intelligence artificielle souffle sur tous les secteurs économiques et privés. Elle est installée jusque dans notre quotidien avec, par exemple, le clavier prédictif ou la reconnaissance vocale des smartphones.
Mais qu’en est-il en dentisterie ?
Cet outil existe déjà dans nos outils métiers que ce soit au cabinet ou au laboratoire de prothèses dentaires. Nos chaînes numériques l’hébergent et elle apporte son aide en imagerie implantaire pour localiser le V3, pour optimiser le choix des implants ou pour dessiner les guides chirurgicaux. Son expérience grandissant de jour en jour apporte une expertise rapide et très souvent fiable.
Mais qu’en est-il du chirurgien-dentiste dans son quotidien ? Les nombreuses applications peuvent apporter des réponses rapides dans des domaines variés mais ce seront des solutions peut-être trop souvent généralistes.
La véritable plus-value dans notre exercice se fait et se fera grâce à la RAG : « Retrieval Augmented Generation ». Le principe est de nourrir l’intelligence artificielle dont le focus sera notre métier, par exemple avec les fichiers de cotation des actes, avec le tableur de nos consommables ou tout autres données ciblées sur la dentisterie. Ainsi elle va pouvoir optimiser l’administratif et nous libérer du temps de soin. Sans nul doute cette aide est et sera fondamentale :
- Dans l’utilisation d’une CCAM souvent compliquée et pléthorique. Elle affinera les cotations possibles et oubliées et évitera des erreurs.
- Dans les commandes de produits consommables, ses recherches pourront aider à diminuer les factures en trouvant les produits au meilleur prix.
- Dans la gestion des stocks.
- Dans la rédaction des courriers ou de comptes-rendus
- Dans la création d’images de synthèses favorisant la compréhension de soins complexes.
- Dans la comptabilité…
Son attrait apparaît aussi dans un usage médical comme la dermatologie buccale, les interactions pharmaceutiques ou encore la radiologie. Dans ce cas, de nombreux paramètres doivent être respectés et en premier lieu le secret médical (du fichier envoyé) ainsi que la qualité de l’image transmise.
Il est nécessaire d’être très attentif à toutes ces nouvelles solutions IA arrivant régulièrement sur le marché dentaire. Ces applications, qu’elles proposent des aides administratives ou de diagnostic, sont mises au point par des ingénieurs en informatique, certainement de génie, mais dont le secret médical et le partage de données sensibles ne sont certainement pas une priorité, au contraire un atout.
De surcroît, le praticien doit aussi être conscient que l’IA n’a aucun devoir de vérité. C’est uniquement le chirurgien-dentiste qui reste responsable de son diagnostic comme du choix de son implant ou tout autre dispositif médical dessiné ou suggéré par elle. L’IA reste un outil de plus au service de la profession sans devenir un dogme ou une référence absolue.
Si elle peut être utilisée au sein des cabinets dentaires, elle est aussi très sollicitée par l’assurance maladie mais aussi par les complémentaires pour détecter toute anomalie de cotation. Très rapidement elle peut faire grandir ce Big Brother qui épluche nos exercices professionnels.
Sa présence se retrouve aussi dans des faux contenus informatifs aux images truquées. Le chirurgien-dentiste ou les patients face à ces documents doivent garder un esprit critique.
Sa plus grande faiblesse reste sa base de données. Savoir d’où elle vient et qui la renforce ?
Le temps et son enrichissement multiple jouent pour l’IA, mais le chirurgien-dentiste reste le seul maître et le seul responsable face à ce merveilleux outil qui change et changera son exercice. Il ne faut pas oublier qu’elle ne peut pour l’instant intégrer « l’embodiment » propre à l’homme : c’est un algorithme rapide, une bibliothèque infinie mais sans aucun ressenti. Un outil informatique froid, un allié formidable mais jamais infaillible. L’IA est sans nul doute un outil économique pour nos entreprises et un des antidotes à la sur-administration.
Quelques règles de base concernant la sécurité de vos données patients ou même privées.
| LES ERREURS COURANTES ❌ | LES BONS RÉFLEXES ✅ |
| Saisir des données de santé identifiantes (nom du patient, pathologie précise) dans un outil comme ChatGPT ou un assistant de dictée non sécurisé. | Anonymiser strictement les données avant toute utilisation d’une IA grand public : ne parlez que de « Patient X » ou de cas théoriques. |
| Suivre aveuglément les recommandations d’une IA pour une prescription ou un protocole sans vérification humaine (risque d’hallucination de l’IA). | Privilégier des outils « Souverains » ou « HDS » (Hébergement de Données de Santé) pour les agents IA médicaux. |
| Donner des accès larges à un agent IA sur votre système informatique ou vos mails sans surveillance. | Vérifier systématiquement les sources : l’IA est un assistant à la rédaction, pas une autorité médicale. |
| Se fier à la voix ou au ton d’un interlocuteur au téléphone demandant une action urgente (risque de Deepfake vocal). | Appliquer la procédure « Double canal » pour toute demande de virement ou de changement d’accès, même si la voix de votre associé semble authentique au téléphone. |

