INACCEPTABLE

isabelle saleck, le 16 mars 2018

 

 

Les négociations conventionnelles sont à nouveau dans le feu de l’actualité.
A ce jour, ces propositions sont toujours inacceptables:

  • Inacceptables par manque de précisions sur les données économiques,
  • Inacceptables par manque de certitude sur les volumes annoncés,
  • Inacceptables car,une fois encore, un remboursement majoré pour le patient n’est pas un gain valorisant pour le travail effectué par le chirurgien-dentiste,
  • Inacceptables car les soins restent nettement insuffisamment valorisés,
  • Inacceptables car la chirurgie n’existe plus,
  • Inacceptables car les plafonds couvrent 87% de notre activité.

Voilà un mois que les syndicats minoritaires vous disent “ INACCEPTABLE” tout en laissant sous entendre que la base de travail est bonne. C’est faux !
La FSDL reste la seule à dénoncer l’oubli des objectifs de santé publique nommés  “Zéro Carie”, et en conséquence nous ne pouvons concevoir ce texte comme une base pour une négociation acceptable.
La FSDL ne peut accepter de réduire ces négociations conventionnelles à une tractation de marchands de tapis, prenant 5€ d’un acte pour compenser-valoriser un autre acte .

Oui, le deal initial à la reprise de ce deuxième tour des négociations conventionnelles établi par Nicolas Revel était axé sur le principe des « plafonds »  contre “revalorisations des soins conservateurs » et nous le savions. Aller négocier c’était au minimum s’assurer du respect de ce rééquilibrage annoncé et pourquoi pas tenter d’infléchir cette proposition. Il est positif de constater des avancées, avec une place plus importante de la prévention, une prise de conscience des pouvoirs publics d’un changement des pratiques de la profession mais cela reste nettement insuffisant.
Il nous paraît plus que jamais nécessaire de réfléchir à  l’avenir de notre métier, de notre profession, de notre implication de soignant auprès des patients, de la préservation du secteur économique artisanal lié à notre activité.  Les conséquences d’un énième marché de dupes dans un contexte économique complexifié par l’arrivée attendue de nombreux confrères formés à l’étranger, par l’ouverture massive des centres de santé et par la consolidation des réseaux commerciaux, seront importantes et définitives.

Oui, unissons nous pour combattre cette dérive commerciale et assurantielle de notre profession tant que nous le pouvons encore et essayons de faire évoluer  un système qui ne peut plus se prévaloir d’être acceptable et qui doit être réformé. Sans relâche nous affirmons qu’il faudra l’union de la profession pour imposer à la CNAM et au Ministère un moratoire et des Etats Généraux de la santé bucco-dentaire.

Oui, nous connaissons le système actuel avec son confort et ses dérives,

Oui, nous savons ce qu’il va en advenir si ce texte est validé par des syndicats qui se contentent de se comporter en “chambre d’enregistrement”.  Nous aurons l’explosion de centres low-cost alimentés par la prothèse gratuite et la main d’oeuvre abondante, nous aurons une désertification territoriale par la concentration de ces mêmes centres dits associatifs dans les centre-villes, nous aurons un système de soins à double ou triple vitesse, et nous aurons surtout des Français de moins en moins soignés mais de plus en plus « équipés » prothétiquement. Et certains syndicats pourront se prévaloir d’avoir sauvé le système conventionnel et ainsi “nous avoir évité le pire” .

Chers Consoeurs et Confrères, il est évident qu’une union de toutes et tous est attendue, une mobilisation encore plus forte et plus longue nous semble inévitable car, contrairement à ceux qui espèrent, nous avons entendu et compris ce que le directeur de la CNAM répète à volonté: « l’architecture et l’enveloppe financière sont connues et non modifiables ».

Nous avons participé et nous participerons jusqu’au bout à cette mascarade conventionnelle. Cependant nous dénoncerons les mirages providentiels annoncés et préférons préparer la profession à une lutte de tous les instants.

Nous sommes et resterons inlassablement les garants de la santé de nos concitoyens et devons remettre au cœur du système des objectifs de santé publique, car l’avenir de la profession est dans “l’objectif zéro carie” bien plus que dans celui de plafonds prothétiques imposés.

 

Pascal PALOC
Secrétaire général de la FSDL

Pascal Paloc


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