en route vers une CMU +

pascal paloc, le 16 février 2018

La porte du cabinet d’une Ministre peut s’ouvrir à la profession, ce n’est pas pour autant que nous sommes écoutés.

Le mépris peut être remplacé par un grand sourire, ce n’est pas pour autant, que les mesures destinées à moderniser et pérenniser notre  exercice professionnel dans l’intérêt de nos patients sont prises.

Les supposées  négociations conventionnelles  peuvent s’étaler sur 7 mois, ce n’est pas pour autant que les techniques innovantes et la prévention visant à préserver l’organe dentaire deviennent l’objectif principal de nos dirigeants politiques.

Nous n’allons  pas vous mentir, nous venons de faire un bond thérapeutique  de 20 ans dans le passé. Cette dentisterie moderne pratiquée dans nos cabinets chaque jour pour permettre une meilleure santé bucco-dentaire des français  va disparaître.
En instaurant un objectif « RAC zéro » d’ici 2022 pour tous les français, Agnès Buzyn vient juste de généraliser la Couverture Mutuelle Universelle pour tous !

Après les conférences CCAM+ ou comment bidouiller des codes pour « gagner plus », voici venu le temps de  la CMU+ !

Au-delà de la démagogie d’une telle mesure, comment pouvons nous accepter la gratuité pour des actes prothétiques les moins conservateurs avec des honoraires imposés au praticien  en dehors de toute réalité clinique ?

  • Des couronnes  tout céramique à 410 euros pour les dents antérieures,
  • des appareils complets en résine  à 950 euros,
  • et par-dessus tout un inlay/onlay plafonné à 370 euros quelque soit la nature du matériau utilisé constituent le socle de ces propositions.( voir plafonds RAC 0 et RAC imposé).

L’objectif en terme de santé publique est donc de recourir le plus possible à des actes prothétiques délabrants, plafonnés à des niveaux inacceptables, au détriment d’actes plus  conservateurs respectant la notion de gradient thérapeutique.
La finalité de tout cela serait elle d’aboutir à une logique dite «low cost » où chaque praticien sera contraint de  jouer sur les volumes et la diminution du temps de réalisation de la prothèse pour tenir économiquement, sans parler de la notion du coût de fabrication au laboratoire qui engendrera à coup sûr la disparition du peu d’artisans prothésistes dentaires français soucieux d’un travail soigné et de qualité ?


La profession doit se réveiller et ne pas sombrer dans un pessimisme ambiant bien alimenté par certains représentants de la profession qui agitent inlassablement le chiffon rouge de « l’horrible  règlement arbitral » loin d’être pire que ce projet infâme.

En l’état actuel, les propositions faites par le Directeur de la CNAM sont nettement en dessous de celles proposées et refusées unanimement par la profession en janvier 2017.
Il serait scandaleux de justifier, dans ces conditions, une signature conventionnelle quand 87% des honoraires libres de nos actes prothétiques  sont  plafonnés et ajustés chaque année par des clauses de revoyure dont nous ne connaissons pas encore la teneur exacte.

Un syndicat qui prendrait la responsabilité de tuer définitivement  l’exercice libéral  devra en répondre devant l’ensemble de la profession.

Les représentants de la FSDL viennent de signifier leur colère et leur indignation aux représentants de la CNAM devant une proposition de texte conventionnel si éloignée des réalités médicales.
Il faudra revoir la copie dans sa globalité si nous voulons un réel changement de paradigme.
Ce ne sont pas les maigres revalorisations sur quelques soins  conservateurs, déconnectées du coût réel de nos plateaux techniques, ni les mesures de prévention de la FSDL,  reprises intégralement mais sans aucune évaluation tarifaire, qui permettront de mieux soigner nos patients.

La profession doit se faire entendre et nous comptons sur l’ensemble des chirurgiens dentistes de France pour se mobiliser et ne jamais capituler.

 

Lire le document complet de l’UNCAM

 


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